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Sirènes, Muses et Méduses

Voyage pour un opéra 

Financé par la Bourse à projet 2015 de la Fondation Marc de Montalembert

et sponsorisé par le Méhari 2CV Club de Cassis

Je suis partie cinq mois en 2CV fourgonette aménagée sur les route d'Italie, Grèce, Macédoine et Bulgarie. 

J'ai pris des bateaux, des petites routes, des autoroutes. J'ai dormi dans des champs, des montagnes, au bord des rivières, dans des villes, des villages, à côté des gares, des stations service.

J'ai rencontré des chanteuses de musiques traditionnelles. 

Je les ai enregistrées. Parler, chanter.

J'ai passé du temps avec elles. 

Dans le but d'écrire un opéra intitulé Sirènes, Muses et Méduses sur la question des identités féminines en Méditérannée à travers les musiques traditionnelles jusqu'à leur impact sur les musiques actuelles.

 

Judith Bouchier-Végis

   Les Sirènes sont des figures polysémiques d’une richesse inépuisable dont l’historienne italienne, Loredana Mancini, a tenté récemment de dessiner les contours. Elle identifie plusieurs noyaux sémantiques qui leur sont associés : elles sont tout d’abord caractérisées par le pouvoir de leur chant, qui incarne la séduction de l’irrationnel, la fascination pour le chaos par opposition au logos et au savoir divin qui inspire la musique d’Apollon et des Muses. Leur chant a des affinités avec les bruits naturels : il a le caractère hypnotique du clapotis des vagues ou du chant des cigales à midi. En outre, les Sirènes sont des êtres féminins, d’une grande beauté associée à une sexualité débordante. Êtres hybrides, femmes-oiseaux ailées en pays grec et romain, femmes aux queues de poisson à l’époque médiévale, ce sont des êtres des marges, qu’on rencontre aux confins des mondes (vivants/morts, espaces domestiques/espac- es sauvages, passages du cycle de vie). Ces êtres poly- morphes, entre nature et surnature, conclut Loredana Mancini, sont les incarnations de ce qu’il faut rejeter
et exclure, face auquel il faut se «boucher les oreilles», un démon féminin dont le chant séducteur conduit l’homme à sa perte.

 

 

Agnès Fine